jeudi 9 février 2012

MERLIN CONTRE MANDRAKE

MERLIN             

MANDRAKE


Illusions : phénomènes extérieurs où l’imaginaire se substitue au réel qui voit ses frontières s’estomper pour créer un monde où les sens s’égarent et s’allient pour enfermer l’esprit dans une folie, généralement passagère, où l’impossible devient possible, où les lois de la raison se perdent pour mieux tromper le sujet, prisonnier involontaire, se débattant dans les rets de l’illusionniste.

Traditionnellement revêtu de l’habit, d’une cape et d’un haut de forme, l’illusionniste a vu sa tenue de scène progressivement évoluée pour n’offrir aux yeux de l’auditoire qu’une tenue qui tend à se confondre avec celles de la rue, donnant ainsi à l’extraordinaire l’illusion de l’ordinaire.

Loin de Merlin l’enchanteur et des nécromanciens, l’illusionniste « illusionne » donnant au naturel l’apparence du surnaturel pour charmer ou convaincre tout en trompant le public émerveillé qui s’étonne et s’émerveille des prouesses devant lui accomplies.

Ici, pas de choc en retour, la magie est blanche, l’illusion parfaite, mais comme le dirait Majax : « Y a un truc ! »

Christian Bale et Hugh Jackman
"The Prestige"
Ce truc, ce subterfuge, se fond dans une représentation en trois actes telle que décrite dans le livre de Christopher Priest « The Prestige » et dans le film du même nom.

Acte I : l’illusionniste, les yeux dans dans yeux de son public fait une promesse.
Acte II : Dans cet acte « l'exécution » l’illusionniste nous prépare au surnaturel, au défi qu’il va lancer aux lois naturelles.
Acte III : Le « prestige », c’est la réalisation du tour, c’est l’effet.

Et le public, ébahi, est transporté (autre tour de magie) tout en sachant qu’il existe une explication logique et son émerveillement porte à la fois sur la dextérité du magicien et sur la facilité avec laquelle il a été mystifié.

L’illusionniste est devenu enchanteur et le « chapeau claque » s’aplatit devant le chapeau pointu.
De la magie du music-hall à celle de la vie quotidienne, la frontière n’est que l’entrée d’un bâtiment, et dans les deux mondes les illusionnistes règnent, la seule différence c’est que dans la première situation, le public paye pour voir alors que dans la deuxième, il paye les pots cassés.

Un peu comme la TVA sociale, qui paraît-il ne devrait pas entrainer de hausse des prix….

Un peu comme la Grèce qui ne devait jamais faire défaut, mais dont on négocie chaque jour davantage le plafond du remboursement…

Un peu comme le déficit qui ne devait pas augmenter malgré les mécanismes d’aide aux pays en difficulté, mais dont on vient d’apprendre aujourd’hui qu’effectivement elle avait augmenté… tout comme les impôts présents et à venir… ;

Un peu comme la France ou le taux d’imposition n’est pas si élevé que çà…. Oui, mais à la contribution directe, n’oublions pas d’ajouter les contributions indirectes, celles que nous payons sans savoir…


Et le « prestige » est là, car tous ces « un peu » ne font jamais de « beaucoup ».

L’illusion a remplacé l’enchantement, Mandrake a remplacé Merlin, bien que les deux m’aient enchanté, enfant, l’un sur grand écran, l’autre dans les cases de sa B.D.

Tombeau de Merlin dans la forêt de Brocéliande
Mais la magie n’est plus, Merlin repose dans la forêt de Brocéliance, et l’illusion s’estompe comme la brume matinale au fur et à mesure qu’avance l’heure.


Marchand de Sommeil ou de Sable
L’illusion a tué la magie et Mandrake expire à son tour sous les coups des illusions successives que nous assènent les marchands de rêves qui se sont métamorphosés, tour de magie ultime, en marchands de sommeil.

Ceux-là mêmes, contre lesquels Alain (Émile Chartier dit) mit les étudiants de Condorcet en garde il y a 108 ans.


Emile Chartier dit Alain
1868 - 1951






lundi 16 janvier 2012

ACAPOLITIC NOW !



Un peu moins de 100 jours nous séparent du choc où les champions de chaque camp s’élanceront sous une pluie de bulletins de vote pour avoir l’honneur de s’affronter dans une ultime rencontre d’où ne sortira qu’un vainqueur.

Car bien qu’ils ne viennent pas des Highlands, et qu’ils ne portent pas le kilt : « Il ne peut en rester qu’un!» (Clin d’oeil à Christophe Lambert)!

Mais, Mac Leod serait un peu surpris. La «claymore » a laissé la place aux interviews, discours, formules et dérapages où les mots sont acérés et la gestuelle issue des manuels fournis par les cabinets de conseil en communication.

Ici nul prix de la connaissance universelle. Le seul but, la conquête du pouvoir qui révèle toute la symétrie de la phrase de Clausewitz : «La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens»!

Il est vrai que dans l’une comme dans l’autre on part en campagne. Elle se fait sur les ondes, dans les salles, sur la toile, de son QG flambant neuf. Les chiens de guerre font campagne en n'arrivant malheureusement le plus souvent qu'à la battre comme on peut le lire dans les journaux des correspondants de guerre politique (les Duhamel’ s, Barbier, Plenel, Aphatie… et tous les autres). 

Volatile indéfini ayant laissé des plumes
Et, dans un peu plus de 100 jours l’on verra un volatile indéfini (l’aigle est mort le 5 mai 1821 à Sainte Hélène), voler non pas de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame, mais d’urne en urne jusqu’au palais de l’Élysée en laissant de temps en temps tomber quelques plumes.

Mais jusqu’à ce jour ça ferraille dur, même si on ne tranche pas toujours dans le vif du sujet, le verbe devient "masse d'armes", le qualificatif "rapière", le complément "bombe" avec des retombées directes ou indirectes suivant sa place dans la phrase. 
Les déclarations pleuvent,  Nadine attaque, Emmanuel va à la contre -offensive, Pierre et Bernard nous font la propagande, l'un promet la dévastation et l'autre nous parle de "cabinets noirs", Gérard s'autoproclame "grand amiral" et porte le conflit sur les eaux internationales.... 
Chaque armée s’offusque de la mitraille déversée contre ses couleurs et réplique aussitôt! Tirs à boulets ramés pour démâter le parti adverse, napalm pour carboniser l’adversaire,.... 
Les élections de 2012 sont déjà une boucherie politique, et je vous laisse le soin d'imaginer ce qu’elles vont devenir au fur et à mesure que la date fatidique approchera. 

Sir Winston Churchill
Le vieux lion (Sir Winston) avec l’humour qu’on lui connaît avait l’habitude de dire : «La politique est plus dangereuse que la guerre. En politique, on peut être tué plusieurs fois »!

Pourtant cette guerre manque de panache, de souffle et d'esprit, (Cyrano me manque). Elle ne s’exerce que pour permettre à un individu d’exercer le pouvoir. Mais où est l’idéal, où est la passion qui transpire de chaque mot, de chaque signe de ponctuation des discours des hommes politiques d’antan.  
Je vous invite à aller sur le site de l'Assemblée Nationale et de lire ou relire les grands moments d'éloquence Parlementaire. Les noms sont là, ils s'affichent, Mirabeau, Danton, Châteaubriand, Lamartine, Tocqueville, Hugo, Gambetta, Jaures, Ferry, Clemenceau, Briand, De Gaulle, Mendes,Senghor, Miterrand, Pompidou, Badinter, Seguin....

Ici rien ! Pas d’idées, pas d’idéal, pas de grands projets qui porteraient l’électeur et le candidat dans une même vision de l’avenir.

La seule chose que l’on promette c’est la ruine du pays si l’un conserve le pouvoir ou si l’autre s’en empare. Les grands orateurs des anciennes républiques doivent se retourner dans leur tombe, il est vrai qu’en ces temps-là on savait parler, aujourd’hui on vocifère!

Victor Hugo
Pour Hugo: "La guerre c’est la guerre des hommes, la paix c’est la guerre des idées".

Et l'on arrive à rechercher vainement ces dernières dans le bruit du rotor des hélicos des candidats. 
Il ne manque plus que les cuivres de la chevauchée des Walkyries et l’odeur du napalm et l’on aura commencé à remonter le fleuve. Celui du jeune officier de Joseph Conrad ou du capitaine Willard de Coppola. D’ "Au cœur des Ténèbres" à "Apocalypse Now".

Rassurez vous chers lecteurs, ce mal n’est pas le mal français, mais celui du siècle et chez nous l’année prochaine en février ce sera la même chose, nos partis politiques vont eux aussi chevaucher avec les Walkyries! 








mercredi 11 janvier 2012

Looney Tunes




31 Décembre ! Réveillon de la Saint Sylvestre, soirée mythique où l’on souhaite à nos proches de capturer le Titi de la nouvelle année. Ce canari jaune, personnalisation ailée et zozotante de l’inaccessible bonheur félin, n’en déplaise aux délicatesses culinaires dont les espaces publicitaires du petit écran nous vantent les mérites et l’irrésistible appel sur nos amis les Felis silvestris catus ou plus trivialement le chat domestique.

"I tawt I taw a Puddy Tat"


Enfin domestique, encore faut-il se comprendre. Personnellement, plus je contemple mon chat, plus je me demande qui a domestiqué l’autre.

Cette brève parenthèse étant faite, et presque deux semaines après l’Évènement, je suis toujours en train de m’interroger sur ce que nous réserve ces douze mois (aujourd’hui 11 et demi) dont le carillon des douze coups de minuit marque répétitivement à la fois la fin et le début d’une année calendaire, le tout dans une représentation saturnienne des « temps modernes » où Charlot fixerait incessamment les rouages de la Grande Horloge Cosmique qui marque le renouvellement des cycles, où Sisyphe aurait vu son rocher remplacé par les feuilles d’un calendrier.

Lord Byron
Un peu comme cette image très dix-neuvième, et pour cause, de Byron :         « Allons une nouvelle année… Encore une maison de poste, où les destins changent de chevaux ! »

La grande interrogation demeurant « Que nous réserve cette année ?». Devant cette question sans réponse, ce n’est que par la formule traditionnelle, destinée à exorciser les mauvaises surprises d’une tranche de vie de 365 jours (366 pour cette année) que nous souhaitons à nos proches santé, bonheur et succès.

C’est vrai que 2012 risque d’être Rock’n Roll ! 2012, suivant les sites spécialisés, c’est la fin du calendrier maya, et donc…..
Calendrier Maya
(Je laisse le soin à votre imagination de remplir ces quelques points de suspension qui nous séparent de ce 21 décembre 2012.)

Bien que Roland Emmerich nous en ait déjà fourni la bande-annonce en 2009. Ce «teaser» nous apprenait que pour le menu peuple (vous et moi), il valait mieux savoir pratiquer l’art de la soudure plutôt que celui de l’écriture si l’on voulait survivre. Et vlan pour la culture !

Comme quoi il n’y a pas que les civilisations qui sont mortelles ! Jusqu’à présent, on pouvait encore croire grâce aux musées et aux mécènes qu’ils soient gouvernementaux ou privés que la culture des civilisations disparues leur survivait.

Heureusement, le scénario prévoyait dans les arches de Noé du 21ème siécle des cavernes d’Ali Baba, remplies des trésors des grands musées.

Mais je ne me rappelle pas y avoir vu ceux des bibliothèques ! J’aurais aimé que l’Enfer soit sauvé. (Euh non! je ne parle pas de la résidence principale de Lucifer, mais de la bibliothèque du Vatican !)

Et si tout cela demeurait fiction et, que la fiction devienne réalité ? Et si tout se passait bien ? Si la crise prenait fin ? Si les élections de cette année nous amenaient enfin des leaders qui soient des exemples plutôt que des gens qui nous ressemblent ? Si les programmes politiques devenaient des projets qui nous permettent de nous dépasser au lieu de programmes marketing ? Si le réchauffement climatique ralentissait ? Si l’homme et la femme (parité oblige) respectaient la nature et cessaient de considérer la vie animale comme une entrave à son développement ? Si la nourriture qui remplit nos assiettes avait de nouveau du goût ? Si l’on cherchait à élever plutôt qu’à niveler ? Si le cancer était vaincu ? Si chacun mangeait à sa faim, si l’on cessait de d’envier son prochain… ;

Vœux pieux ? Souhaits de Nouvelle Année destinés à être renouvelés en 2013. Bonnes résolutions éphémères… Ça peut dépendre un peu de chacun de nous !

Arthur Rimbaud
Ma Bohème


Et comme vous, je marche sur cette route nouvelle, vieille de deux semaines et longue d’un an, les poings dans mes poches…. (non pas crevées, je ne suis pas Rimbaud !), Petit Poucet rêveur en égrenant quelques confettis (… et non des rimes), me disant naïvement que si jamais je me perdais en chemin, j’y aurais laissé comme chaque année quelques taches de couleur qui me permettraient de retrouver le mythique Âge d’or, sans être pour autant à «Minuit à Paris».








jeudi 17 novembre 2011

TECHNO PARADE





Comme une boule de flipper, loin du Top 50 ( Salut Marc!) et de Corinne Charby, (dieu qu’elle était mignonne), la crise de la dette souveraine rebondit de bumpers en bumpers, faisant s’affoler les chiffres du compteur (comprendre ici les taux d’intérêt) avant d’envoyer tilter les dirigeants élus qui se retrouvent blackboulés par leurs copains de la veille, alliés de la technocratie bruxelloise qu’ils ont eux-mêmes mis en place. 

Technocraties pleines de ramages et de plumages, mais dont la légitimité politique, construite loin des électeurs, tient du parcours aléatoire de cette petite boule d’acier qui roule, rebondit et disparaît dans un fracas de sons électroniques et de leds qui s’affolent.

Adieu, non pas, veau, vache, cochon… mais Berlusconi, Papandréou et ceux à venir. Perrette a cassé le pot au lait, et les temps qui s’annoncent ressemblent plus au titre du roman de Sagan « Bonjour Tristesse », sauf que c’est Europe qui conduit la voiture.

Je ne sais plus qui disait que les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent. C’est vrai, ils se prononcent par le biais des élections et choisissent ainsi leurs dirigeants, mais là que nenni !

Une fois de plus, le choix nous est imposé. Proposer de nouvelles élections, quelle impudence! Nous qui savons, avons le monde à sauver, nous disent-ils ! 


Pas de temps à perdre! Hop, Mario Monti est nommé sénateur à vie. Hop, le sauvetage de l’Italie ressemble à un jeu de Nitendo mais le plombier a troqué la salopette pour le costume trois-pièces du technocrate. 


Super Mario va se mettre à l’ouvrage et tel un Garibaldi européen va sauver l’Union sans la faire. Les chemises rouges ont été remplacées par le drapeau azur étoilé.

Grèce : Papadémos a été nommé, loin des urnes, loin des voix populaires, le voilà nommé coryphée, chargé de guider les choristes et de prendre parfois la parole de cette ultime représentation.

Un à un, les dirigeants issus des urnes, quittent cette scène pleine de bruits et de fureurs, laissant la place à une « techno parade » austère ou les technocrates occupent les devants. Nouveaux messies d’un public, de médias et de gouvernants politiques qui ne savent plus à quel saint se vouer…


Vox Populi, Vox Dei, encore une locution latine qui va Requiescat in Pace.

Le règne du technocrate nouveau est enfin officialisé, Moïse du mondialisme, pourfendeur du protectionnisme, tel Saint Georges terrassant le dragon, ils vont nous sauver car ils ont la connaissance... Pourtant ces sauveurs du dernier recours, ces anciens hauts fonctionnaires de Bruxelles et de l’Union européenne, sont un peu la cause de nos angoisses et de cette crise.

Papademos, a permis à la Grèce d'entrer dans la zone euro… Tiens je croyais qu’ils avaient triché pour y rentrer.

Monti, ancien commissaire européen, ancien de Goldman Sachs.

Goldman çà ne vous dit peut-être rien, mais beaucoup s’interrogent sur le rôle que cette banque joua dans la chute de Lehman Brothers dont nous vivons encore aujourd’hui les conséquences. Goldman qui aurait aidé la Grèce à camoufler sa dette.


Devant tout çà, je préfère finir en musique, non pas celle de Corinne Charby, mais sur les paroles de R.E.M car j’y perds non pas mon latin, mais ma religion. 

jeudi 3 novembre 2011

Les Thermopyles





A nouveau l’Histoire nous joue des tours. Si les personnages des Thermopyles sont devenus des légendes, voir pour l’un une marque de chocolat belge, le lieu de la tragédie s’est déplacé, mais pas forcément dans la chocolaterie d'Anderlecht.  

Pourtant, la Grèce en est toujours la toile de fond et la bataille qui se livre ici pour sa survie économique se déroule dans les capitales de pays qui, au temps de Démosthène, n’existaient pas encore et que les Anciens qualifiaient de barbares. 

Ironiquement, c’est encore Sparte, qui est censé sauver la Grèce. Épicure a fait son temps, et le régime spartiate imposé aux Grecs est censé les préserver et surtout nous sauver.

« Ainsi va le monde » dirait Vincent Hervouët, le berceau de la civilisation européenne en est resté au stade du berceau, alors que ses enfants grandissaient, et en sont venus aujourd’hui à l’humilier et à pousser un pays à genoux dans la tombe.

Ils l’ont bien cherché, diront certains. C’est vrai qu’ils ont triché pour rentrer dans l’euro, mais tout le monde le savait, c’est aujourd’hui reconnu, et cette tricherie a été avalisée par les mêmes pays qui aujourd’hui, traitent Monsieur Papandreou de traître à la cause européenne. Heureusement pour lui que la peine capitale n’existe plus, cela lui permet de n’être plus que fusillé par les flashs des caméras.

Une fin politique pour le moins éblouissante !

Mais cette Europe est bancale, Europe à 27, zone euro à 17, pays du nord - pays du sud, pays pauvres-pays riches, bons élèves-mauvais élèves, les tables rondes se succèdent tout en ayant l’air d’oublier que si Arthur voulut que la table de Camelot soit ronde c’était pour marquer l’égalité de chacun.

La figure géométrique est toujours présente, mais c’est la quadrature du cercle.

Mais revenons à nos tricheurs, se souvenant de cette cité phocéenne qui sent bon la bouillabaisse ils se plongèrent avec délectation dans les œuvres de Pagnol et prirent pour euro comptant cette phrase extraite de Marius : «  Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n’est plus la peine de jouer aux cartes. ».

Et les autres ont fermé les yeux... en amis, se disant que puisqu’ils y gagnaient aussi, pourquoi ne pas regarder ailleurs… Jusqu'au moment où l’ailleurs leur est revenu au postérieur sous la forme d’un referendum : le cauchemar des technocrates européens, car la forme la plus pure de l’expression démocratique.

Le roman d’un tricheur s’est transformé en tragédie, Sophocle a remplacé Guitry !


jeudi 15 septembre 2011

HOLD UP !




Souriant, j’attends mon tour. Je regarde autour de moi, j’ai un peu l’impression de me trouver dans la queue d’un supermarché tellement l’ambiance est chaleureuse et les visages fermés, mais bravant les mauvaises ondes ambiantes et poussé par la contingence, je me dirige d’un pas décidé vers les visages presque anonymes, vu la vitesse du taux de rotation qui leur est appliqué, qui se cachent derrière les guichets.

« Bonjour Madame, je souhaiterai retirer 1000 euros ? » et là, une réponse surprenante, déjà entendue, à laquelle on ne se fait jamais!

« Pour quoi faire ? »

Cette phrase fige mon sourire, me transformant instantanément en une victime du botox, ne me permettant plus que d’agiter une langue dans une cavité buccale inutile en espérant projeter des sons audibles et compréhensibles au-delà de la double barrière paralysée de mes lèvres.

Aurai-je dépassé le découvert autorisé ? Le service de gestion de l’établissement aurait-il perdu mes dernières économies qu’il a du investir dans une sicav dont mon conseiller n’a censé de vanter les performances et où se trouvent des obligations grecques, italiennes, espagnoles et bancaires censées « booster » un rendement monétaire qui fait se plier de rire la cigale, et qui vient de se crasher lamentablement.


C’est sûr qu’il ne vaut pas mieux être fourmi de nos jours !


Pourtant, je ne lui en veux pas à mon conseiller, j’aurai dû savoir où je plaçais mon pécule, mais je n’y comprends rien et apparemment lui non plus. Ce n’est pas sa faute, il a des objectifs à remplir et doit écouler son quota de merde dans l’escarcelle de clients depuis longtemps considérés par sa direction comme pigeons. Poussés sans doute par l’exemple des gouvernements dont nous sommes les « clients-usagers-contribuables » que les gouvernants considèrent comme des dindons. 

Quel progrès depuis Colbert, celui-ci nous considérait comme des oies et énonçait bien fort que « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avant d'obtenir le moins possible de cris ».

Mais revenons, à mon placement. Naïvement, j’espérais avoir un rendement supérieur au 2% d’inflation des chiffres officiels qui comme ceux du chômage, sont toujours inférieurs à la réalité. Eh oui ! L’indice des prix à la consommation a augmenté, certes moins que le coût de la vie qui lui est trop compliqué à mesurer paraît-il, et pour cause, le temps que l’Insee rentre les données, il a déjà franchi un nouveau record.

Car dans la réalité, les visions des « télétubbies » de la politique et la dialectique politicienne du pays de OUI-OUI se perdent dans le souvenir nostalgique des prix d’antan.

Onze ans après… presque un siècle vu la hausse des prix, on arrive à penser qu’un euro c’est presque un Franc, le positif c’est que les personnes âgées ne risquent plus de se tromper !

Mais, un euro c’est 6.55957 francs et aujourd’hui on paye l’expresso 6,50 francs, le paquet de clopes plus de 35 francs presque comme le jambon beurre, le litre d’essence presque 10 (je me rappelle encore du sondage qui disait qu’avec un super à 10 francs, les Français s’arrêteraient de rouler, mais n’oublions pas que nous atteignons ces prix- à grâce à la TIPP) et la baguette, ah la baguette….sans oublier les augmentations, du gaz, de la SNCF, des commissions bancaires, du blé, du lait…..

HOLD-UP ! Braquage permanent de notre salaire, de nos honoraires, de nos revenus… !

Mais ça ne s’arrête pas là, notre argent ne nous appartient plus, la liberté de disposer de ce que nous avons honnêtement gagné n’est plus qu’un conditionnel, passé sous le regard scrutateur des banques, devenues « agents gouvernementaux ».

Vous allez, dans un établissement bancaire retirer de l’argent de votre compte, et l’on vous demande ce que vous en allez en faire. C’est que presque… presque, il n’est plus à vous cet argent, il faut justifier d’où il vient, où il va ?

Mais nous, on leur demande aux banques ce qu’elles en font ?

Pourtant le client c’est nous et dans une économie capitaliste, elles ont oublié que le client est roi.

L’idée du « Bank Run » de Cantona, était dans le fond séduisante.

Le Gouvernement leur sauve les fesses, un plan de secours suite à la chute de Lehman, elles se renflouent sur notre dos en augmentant les commissions, en pratiquant des taux d’intérêt que l’on pourrait assimiler à de l’usure légale. (Je sais, c’est un oxymore !)

Ce qui leur permet d’ailleurs de dégager des bénéfices astronomiques sur le dos de la volaille ! (c’est nous).

Votre compte à vue n’est pas rémunéré, elles ne prêtent pas aux entreprises, elles ne se prêtent même plus entre elles, mais quand vous êtes à découvert elle rejette le paiement et débite votre compte de frais de traitement qui creusent un peu plus le trou sur lequel elles continuent de pratiquer des taux usuraires par rapport à ceux auxquels elles se financent.



HOLD UP ! Un peu comme la bande à Bonnot, le gang des Tractions Avant, Dillinger et les autres, mais contrairement à ces joyeux drilles, là c’est légal !

Et puis toutes ces banques dont nous ne pouvons nous passer, car payer en cash devient de plus en plus dur, les liquidités c’est mal vu. Lois anti-blanchiment, lutte contre l’évasion fiscale.

Le cash n’est plus roi, mais paria !

Alors on se sert de la carte de crédit et le commerçant paye une commission qui vient en déduction de son bénef, le cash il ne peut plus l’accepter au-delà d’un certain montant. Bien sûr il peut toujours accepter les chèques, mais à ses risques et périls.

HOLD UP ! Assimilable au racket de Capone.

Et enfin, l’apogée, votre banque saute, parce qu’elle a fait des bêtises, parce qu’un Nick Leeson, un Kerviel s’est laissé mangé les neurones par le système et vous vous retrouvez avec quoi, une main derrière et une devant. Vos liquidités ne sont couverts que pour 100 000 euros, vos titres que pour 70 000 et le reste si vous en aviez s’est comme dans les Tontons flingueurs, il est « dynamité, dispersé, ventilé » !

HOLD UP ! Suivant Audiard « Un marchand de tableaux est un voleur inscrit au registre du commerce ». Et une banque après tout…… c’est un peu pareil!





vendredi 9 septembre 2011

Des Pommes, des Poires et des…..Pépins



Vous êtes-vous déjà pris une pomme en pleine poire ?

Je ne parle pas de la compote qui agrémente d’ordinaire les repas de cantines de nos rejetons et qui finit le plus souvent comme armes de destruction massive de la propreté des réfectoires.

Je parle de la pomme ! La Golden, la Reinette, la Pink Lady.

La pomme ! Le fruit défendu qui coûta l’Éden à nos parents bibliques. Celle qu'Adam eut du mal à avaler, car elle lui est restée en travers de la gorge comme le prouve cette petite protubérance disgracieuse au niveau du gosier qui faillit coûter sa carrière à Clint Eastwood. (Quelle perte c’eût été pour le 7e art ! En ce qui concerne le 7e ciel, ne disposant pas des informations requises sur le sujet, je me garderai bien d’émettre une opinion.)

Mais entre nous, ne croyez pas tout ce qui est écrit dans la Genèse. La vérité sur cette histoire de verger tient plus de Tanguy que du courroux céleste.

En fait, Dieu en avait tout simplement marre des deux « ados » attardés qu’il avait sur le dos. Il fit un deal avec le serpent pour les envoyer prendre l’air.

Ce dernier alla donc voir Ève, et commit l’irréparable. Même s’il faut reconnaître qu’il n’avait pas trop le choix, il rampa à ses pieds!

Celle-ci comprit son pouvoir et fit un caprice (ni des Dieux, ni des Anges). L’objet de ses désirs ne fut ni un bijou, ni une robe ou une fourrure, non tout simplement : une pomme ! Vous constaterez avec moi l’inflation parcourue depuis cette époque.

Et le malheureux Adam, comme ses descendants, apprit à ses dépens que « Ce que femme veut, Dieu le veut ». Il lui céda à l’insu de son plein gré (suivant la formule consacrée)

Et en deux bouchées, ce fût fini !  Fini le « farniente », la « dolce vita »  sur le gazon paternel en matant l’arc-en-ciel et se gavant de fruits défendus. Faut allez au turbin !

Et c’est un couple éberlué qui se retrouva à la rue. L’histoire ne dit pas si c’était en hiver ou en été, la seule chose dont on est sûr c’est que le droit au logement n’était pas encore opposable à l'Autorité de l’époque.

Merci Ève ! Les femmes, on ne peut pas vivre avec et on ne peut pas vivre sans, car comme nous l’a si joliment rappelé Aragon : « La femme est l’avenir de l’Homme ». Oui, mais c’était avant la découverte du clonage et de l’utilisation des cellules souches.

En fait, l’Humanité s’est faite bananée pour une histoire de pomme.

L’Homme en a tellement voulu à la femme, qu’il l’a privée de son âme, de son corps et du droit de vote pendant des siècles, même si derrière chaque grand homme il lui dit que se cache une grande femme. Histoire de faire passer la pilule!

Tout ça à cause d’une pomme !


Pauvre fruit, c’est qu’il va finir par avoir mauvaise réputation, d’Éden à Hélène, il en aura causé des dégâts.

Eh oui ! C’est pour une histoire de pomme que Troie fut détruite. Aphrodite voulant gagner la « pomme de discorde », promit la belle Hélène (la femme, pas la poire) au prince troyen. On connaît la suite (je l’ai déjà évoquée dans Kaa contre Cassandre).

Il faut donc éviter de se prendre une pomme dans la figure, une pomme comme mon petit exposé l’indique c’est comme la vie, plein de pépins qui peuvent faire très mal.

En fait, c’est l’équivalent de la boite de chocolat de la maman de Forrest. On ne sait jamais sur lequel on va tomber et malgré tout, il faut continuer à courir même si on n’en a plus envie.

Alors on se dit que ce n’est pas si grave, que ça pourrait être pire et on avale les pépins avec le sourire (ça aide et c’est qu’en ce moment on en a bien besoin).

Mais les pommes ne sont pas si mauvaises que ça !  Elles ont même permis à un président de la République de gagner une élection pour laquelle il était donné perdant.

Alors, soyons comme Kaa, et disons-nous que Dieu aurait pu créer le « citrouiller » (arbre fruitier de la citrouille) et que ce pauvre Newton qui découvrit la gravité aurait pu s’asseoir dessous et prendre une citrouille sur la pomme.

Et là très honnêtement je ne pense pas que ça aurait donné le même résultat pour l’humanité.